CfP: Le nerf de la guerre : l’économie de la propagande

Le nerf de la guerre : l’économie de la propagande

11 septembre 2017 – Paris

Deadline : 15 mai 2017

Depuis plusieurs années, nous organisons des journées d’études sur
l’histoire de la propagande destinées à encourager l’utilisation de la
notion comme outil conceptuel pertinent et non comme argument disqualifiant.
Pour cette année 2017, nous proposons de nous interroger sur la dimension
économique de l’activité de propagande.

Dans l’étude des campagnes de propagande, les conditions économiques qui
entourent leur conception et leur réalisation sont en effet systématiquement
abordées sans être vraiment traitées pour elles-mêmes. Trois thèmes ont
donc été choisis pour examiner précisément cet enjeu.

Les moyens alloués. Les archives des campagnes de propagande regorgent de
plaintes sur la faiblesse des moyens au regard des buts ambitieux fixés aux
propagandistes. Ce décalage est naturel quand on considère la faiblesse
financière des petits groupes voire des groupes clandestins qui cherchent à
développer une activité de propagande. Cependant, ces plaintes se retrouvent
dans les archives de grands ministères officiellement chargés d’une mission
de propagande voire de grandes organisations semi-publiques ou privées
consacrées à cette mission. Que traduit alors cette récrimination
récurrente ? La première hypothèse serait que l’invocation d’une
faiblesse des moyens serait une façon de justifier la faible efficacité de la
propagande. Dans d’autres cas cependant, la volonté affichée de propagande
cache de réelles réticences à déployer les moyens adéquats. Enfin, ces
récriminations visent parfois la réticence des entreprises à financer une
campagne de propagande : particulièrement convoitées pour leurs moyens, elles
doivent veiller à sauvegarder leur image de marque.

La qualité du matériel. La pauvreté ou la richesse du matériel sont des
caractéristiques essentielles des objets que nous cherchons à comprendre. Se
pose la question du lien entre la valeur monétaire de l’objet et son
efficacité. La propagande a régulièrement misé sur les vecteurs populaires
(brochures modestes, gravures bon marché), parfois par nécessité, mais
aussi, souvent, par calcul. Elle a pu à l’inverse faire le choix de
réalisations coûteuses, telles celles confiées à de grands artistes ou
impliquant des réalisations architecturales ambitieuses, qu’elles soient
temporaires, comme dans le cas des expositions, ou pérennes. Que change, pour
la propagation du message, la richesse ou la pauvreté rendues visibles dans
les objets de propagande ?

Les artistes et l’argent de la propagande. Lors des précédentes journées
d’études, lorsque nous avons parlé des images de propagande, nous avons
croisé de nombreux artistes qui réalisent des œuvres de propagande à côté
d’autres œuvres – le partage pouvant être difficile à tracer. Certaines
questions se sont ainsi imposées : que rapporte la propagande à un artiste ?
Est-elle un secteur plus lucratif que les réseaux de vente ?

Cet éventail de thèmes appelle la participation à la journée d’études
d’historiens venus d’horizons très divers, qui auront rencontré dans
leurs recherches les conditions concrètes de l’élaboration de campagnes de
propagande, que celles-ci touchent des sujets politiques, économiques,
sociétaux ou environnementaux.

Cette journée aura lieu le 11 septembre 2017 à Paris. Merci d’envoyer une
proposition d’environ 500 mots avant le 15 mai 2017 aux deux adresses
suivantes : jerome.bazin@u-pec.fr et antigonemarin@aol.com

Jérôme Bazin, université de Paris-Est Créteil
Séverine Antigone Marin, université de Strasbourg

Thématiques des journées d’études précédentes:

– 2010 : Propagande, prosélytisme, vulgarisation. Essai de redéfinition
sur le temps long européen (XVIIe-XXe).
– 2011 : Microhistoire(s) de la propagande.
– 2012 : L’échec de la propagande.
– 2015 : Beauté idéologique. La part du beau dans la propagande.
– 2016 : Ce que le support fait à l’image de propagande.

Author: Max

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